Après nous avoir fait hurler de rire avec ses histoires de célibataire (très) endurci, Franck Dubosc revient pour nous déballer toute sa vie. Si, si, il nous parle de sa naissance, de ses premières amours, de ses déboires d'ado, de sa vie active et même de sa vieillesse. Toute une existence revisitée pour toi, public réunionnais. Rencontre avec le kéké le plus ringard de la scène française.
Humour
Franck Dubosc, pour toi public réunionnais
CLICANOO.COM | Publié le 17 juin 2008
Après nous avoir fait hurler de rire avec ses histoires de célibataire (très) endurci, Franck Dubosc revient pour nous déballer toute sa vie. Si, si, il nous parle de sa naissance, de ses premières amours, de ses déboires d'ado, de sa vie active et même de sa vieillesse. Toute une existence revisitée pour toi, public réunionnais. Rencontre avec le kéké le plus ringard de la scène française.
C'est la deuxième fois que vous venez à la Réunion. Quels souvenirs gardez-vous de votre précédent séjour ?
J'étais venu en 2002 et j'avais adoré la Réunion. J'avais l'impression d'être dans le Sud de la France avec l'avantage des pays tropicaux. La Réunion, c'est un peu l'Europe au bout du monde. Il y a une mixité de cultures, une facilité de vivre qui n'apparaissent pas dans les autres Dom. Il n'y a pas de racisme comme on peut parfois subir aux Antilles.
La tournée démarre vendredi. Qu'allez-vous faire en attendant ?
Je vais prendre le temps de visiter l'île. J'ai aussi prévu de faire un périple avec l'armée : je vais faire de l'hélico et du parapente. Lors de mon précédent passage, j'avais voulu aller au volcan. L'équipe qui m'accompagnait s'y était rendue la veille à pied et moi pour les épater, j'avais prévu de prendre l'hélico. Mais en raison des mauvaises conditions météorologiques, la sortie a été annulée...
Présentez-nous votre nouveau spectacle Il était une fois Franck Dubosc. Déballez-vous toute votre vie au public ?
Tout est inventé, mais il y a de petites anecdotes qui sont vraies. Au début, par exemple, je dis que j'étais très moche à la naissance. Eh bien ça, c'était vrai ! Ma mère, ma tante... tout le monde me l'a suffisamment répété par la suite. Tout est romancé, mais il y a beaucoup de ma vie dans ce spectacle. Je raconte comment le petit garçon Kikito est devenu une vedette. L'émotion est particulière et je me sens beaucoup plus proche du public.
Vous vous êtes construit un personnage de kéké ringard. L'êtes-vous toujours autant ?
Je suis moins kéké sur scène qu'au cinéma. Les gens confondent souvent Franck Dubosc avec le personnage. C'est normal, ma plus grande faiblesse c'est d'en avoir fait des tonnes à la télé pour la promotion des films. En même temps, la frime était le meilleur moyen de me vendre. Quand on a la tête du faux beau-gosse frimeur, il faut l'utiliser. Mais là, je suis entré dans une période où j'ai moins envie de donner dans l'excès. Sans pour autant devenir sérieux.
Jusqu'ici, on ne vous retrouve que dans des rôles légers au cinéma. Seriez-vous capable de changer complètement de registre ?
Non, je dois beaucoup au public et je ne peux pas me permettre de faire autre chose que ce qu'il attend. Il y a parfois des acteurs comme Michel Blanc qui veulent casser leur image et qui deviennent moins drôles. Je comprends le public, car moi aussi je suis spectateur et j'ai envie qu'ils restent comme ils sont.
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué tout au long de votre carrière ?
D'abord, l'amour du public. Regardez la Réunion. Je viens de très loin et pourtant je fais salle comble ici. Si ça avait été Manu Payet, j'aurais compris, car c'est un enfant du pays. Mais moi, je viens d'ailleurs. Ensuite, la deuxième chose qui m'a marqué, c'est la méchanceté de certaines personnes. Je parle entre autres des journalistes. Je comprends et j'accepte les critiques artistiques. En revanche, je ne cautionne pas la méchanceté gratuite. On m'a déjà traité de crétin ! Heureusement que je n'ai pas tué de vieille dame, autrement qu'est-ce que ça serait !
Pour vous, quelle est la différence entre le cinéma et la scène ?
Au cinéma, on s'impose énormément, mais on se sent seul. Sur scène, on se sent moins seul et c'est pour moi la plus belle récompense.
Il y a aussi ce besoin de reconnaissance, non ?
Oui, bien sûr. Petit, j'étais toujours le dernier en tout. Je me disais toujours : un jour, ils verront ! Je ne savais pas quoi, par contre... Déjà, j'étais fasciné par les grandes stars comme Sylvie Vartan ou John Wayne, car je me disais que pour tout avoir, il fallait être une vedette.
Ne vous êtes-vous pas fait huer sur scène, à vos débuts ? C'est ce que racontent certains sites Internet...
Ah, non, pas du tout. Il n'y avait pas assez de personnes pour ça. Aujourd'hui, oui (rires). Avant, c'était plutôt festif. On faisait ça entre copains dans les boîtes de nuit et les bars. D'ailleurs, je me rappelle encore de la toute première personne qui a acheté un billet pour me voir. Elle s'appelle Sonia Lopez et elle est là à tous mes nouveaux spectacles. Bon, elle se nomme Lopez, mais elle n'a pas la tête qui va avec...
Pourriez-vous être réalisateur un jour ?
C'est un métier tellement difficile, que si j'avais une idée de scénario, je préférerais la donner. Ou alors il faudrait que ce soit une histoire qui me tienne tellement à c½ur que je n'aie pas envie de la laisser.
Qu'avez-vous pensé du succès des Ch'tis ?
C'est une bonne comédie et puis j'aime bien Dany Boon. Mais j'ai ma propre analyse sur le sujet : d'abord les Français se sont trompés de président et aujourd'hui ils le regrettent. Ensuite, on leur a proposé Astérix, un film qui coûte cher et qu'il faut absolument aller voir. Là aussi, ils ont été déçus. Alors, quand le film de Dany Boon est arrivé avec son petit budget, on l'a encensé. Le film les Ch'tis a bénéficié d'un coup de chance énorme. Je suis sûr que si on avait fait une production similaire dans le Sud de la France, ça n'aurait pas autant marché. Le Nord, c'est le parent pauvre, que l'on a toujours envie d'aider.
Quels sont les films qui vous ont marqué ?
J'ai un film culte mais il est américain : Quand Harry rencontre Sally. Sinon, j'aime bien les Bronzés.
Et qui allez-vous voir sur scène ?
Personne. J'aime beaucoup Gad Elmaleh, Dany Boon, Stéphane Rousseau... mais je n'ai pas le temps d'aller les voir. Et quand je suis en période d'écriture, c'est encore plus difficile, car je n'ai pas envie d'être influencé par leurs spectacles.
Dans dix ans, comment vous voyez-vous ?
Professionnellement, je ne sais pas. Personnellement, je me vois papa. Ces derniers temps, je suis davantage tourné vers ma vie privée que professionnelle. Je n'ai pas envie de finir comme un vieil humoriste. L'humour ne dure pas longtemps. Je ferai peut-être plus de cinéma. Ou rien du tout. En fait, j'ai envie de voyager, de prendre du temps pour moi
Propos recueillis par Nathalie Techer
Notre Kikito va nous revenir tous bronzé ! ! !